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Full text of "Suite du plan d’éducation publique / présenté par A.H. Wandelaincourt."

I. 



. «-a 



v. • 



> 



* 






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in 2013 



http://archive.org/details/landducaOOwand 



CONVENTION NATIONALE. 

Il ' 1 ' ■ ■■■ Il • '■ I . ..... ■■ M il ■■■ «■>■ ^ 

SUITE 

DU PLAN D'ÉDUCATION PUBLIQUE, 

PRÉSENTÉ 

PAR A. H. WANDELAINCOURT, * 

Dcpu té du département de la Haute-Marne ; 
iMrRIMlE FAR ORDRE DELA CONVENTION NATÎONAiE. 



De réducatien commune. 



\_J * tonne depuis îonç-temps contre les abus de l'ancienne 
é I ation , sans pouvoir n'accor 1er sur les moyen*, de la rempla- 
cer (i) îg^epelletàer n'ea voit pas de nuilU-nr que de s'emparer 



_ 



(1) Nous nous somme- presses de détruire, avant d'avoir les matériaux 
pour reconstruire ; et cependant une lacune dans l'éducation d'une gené- 
rat» V . peut occasionner un mouvement rétrograde , d'un siècle peut-être* , 
dans la régénération d'un peuple. On s'est imagine qu'il etoit aussi aisé de 
renouveler un grand empire , qu'une ville comme Lace Jcmone : c'est ne 

A 



I 

<3e l'enfance depuis cinq ans jusqu'à douze , font être élevée ea 
commun, lo:n de U maison paternelle. Nous ne craignons pas 
de dire que cca nombreux rassemblemcms , dans on âge »i ten- 
dre , ne scr.t piopres qu'à corrompre la jeune>se au physique 
comific au moral. C'est uni vente d'expérience, qu'il «'est guère* 
possible de réunir tant de jeunes gens , sans accumuler tous les 
puncipes de jU privation. C'est la que les passions sont toujours 
piecûcos | qu* fima^inition , au défaut du tempérament , allume 
le feu de la volupté. Quel triste présagf pour la pa:rie , que des 
hommes efféminés ou abâtardi* ! les rivalités , les jalousie» , le* 
tnclianccs , etc. vices nécessaires de ce régime , font naître la 
cruauté, la fourberie , l'éçoïsmc , etc. 

Le premier devoir d'un prie est d % * lever lui-même ses enfans : 
i\ n'est pai digne de l'être , s'il renonce i ces fondons saintas , 
s'il ne veille lui même sur ce précieux d< pôr. Ame véualc , i'acrie 
dans »on /indignation un philosophe très-connu , crois-tu donner 
à ton fils un autre père pour de l'argent ? Des sages [l] censurent 
depuis long-temps la manière trop rude d'clever les enfam, dont 
l'clîet presque infaillible est de renJic les mœurs féroces [%]. Us 

pas «avoir apprécier le» circonstances , «i les hommes, ni lei movens. Il 
r.'y a eu qu'un Lycurguc , comme une seule Sparte. On s'est aussi évertué à 
ridiculiser la longueur des antiennes études , noire manière d'étudier dei 
langues mortes. Il y avoit alors des abus , sans doute, qu'il falloit détruire ; 
»:ds il est bien à craindre qu'en voulant trop abréger le temps de l'éduca- 
tion , on ne forme que des hommes superficiels , toujours prêts a prononcer 
sur tout, sans connoissance de ca'.ise ; car la presompiion , l'opiniâtreté , 
l'impertinence, caractérisent assez ord-nairement les esprits bornes : et , ce 
qui doit causer de justes alarmes , on sait que d'ignares derlamateurs peu- 
vent inspirer une sorte d'engouement au peuple , jusqu'à pouvoir prer 
aux places les plus importantes. Le don de réfléchir et de raisonner 
suppose des études sérieuses ; et la faculté de s'énoncer, pour êtreutue, 
«iemande des connaissances profondes. Quant a ['étude des langues , le 
commerçant peut s'en tenir sans doute aux langues vivantes ; mais que le 
législateur et le magistrat se forment sur tjut a l'étude des langues anciennes : 
*ar , véritablement , tant qu'il y auia des hommes éclaires et sensibles sur 
l* teiie , les anciens seront toujours les législateurs du goût , de la morale , 
dé la vertu. C'est à cette e^ole des anciens que l'on puise, avec leur génie , 
drs lec^n* de morale , de grandeur d'nme , d'amour de la patrie . des lois 
CI «le la nberte. Ceux qui ne voient dans cette cn;de que du grec et du 
latin , s'abuse» t grandement : il faut encore plus chercher , dans CCS saintes 
éutamtlinns- de l'antiquité , les traces des vertus que le feu d\\ génie. 

(i) Voyez Montaigne , J. J. , le Spectateur aagiois, Bernardin de Saint- 
Fierre. 

(•2) Je pomrois démontrer par une foule d'exemples , dit Bernardin de 
S.ont-l'irrre , que la depTsvatiow dr nos plu» fameux scélérat» a co«mfOcé 
»>ai la cruauté u.'tuc Je icur éducation 



or.t peint comme dénatura les parens qui mettent leurs enfans en 
nourrice , et les envoient dans dos pensions sitôt qu'ils s i vent 
balbutier quelques mots. Mais, cru les ce fans seront-ils élevés avec 
plus de douceur et d humanité que dans la maison pater- 
nelle? où trouveront-ils une autorité plus aimable, un joug 
mieux proportionné à leur ioiblesse , une voix plus efficace , 
plus persuasive , pour graver dans leur cœur les leçons de la 
vertu ?I! y a tout a espérer, quand c'est l'amour qui les donne 
et l'amour qui les reçoit. 

Oa nous objectera sans doute qu'il est beaucoup d'hommes 
incapables d'elcver leurs entans. Qu'on veuille bien considérer 
que , dans cet c première énoqwe de !a vie . comme en convient 
Lepellctier, il n'est pas question de développer les talens , de 
fo:mer aux sciences ; il s'agit sur-tout de diriger au bien les pre- 
mières impressions de l'homme ; et , pour cela , ne suïfir-il pas 
d un cœur aimant et vertueux ( l}? D'ailleurs, si Ton encourage par 
des récompenses ceux qui cultivent !e mieux la terre , qui lui 
font porter de meilleurs fruits et en plus grande quantité, qu'on 
»ie soit pas moins libéral envers les pères qui auront forme les 
meilleurs citoyens : qu'on sème l'honneur , et on recueillera la 
vertu V. 

Es- il bien vrai aussi qu'on forme des hommes à la patrie , 
quand ou les arrache à la nature? On afToiblir, à coup sûr la 
piéie filiale , la tendresse paternelle [3] , ef les devoirs qui en 
dérivent. En détreusant ce qui fait le charme de l'union con- 
juga'e , oa provoque les divorces , dont la fréqueuce annonce 



(1) Le sensible auteur des Ftud.es de la nature ne veut pjs qu'on s'infor- 
me si un instituteur est un philosophe; mais aime-t-il les enfans? fréquente- 
t-il les malheureux ? est-ce un homme sensible ? a-t-il de la vertu ? 

(?) Ou'ui homme de mauvaise vie so : t privé de l'honneur d'élever ses 
«sfans ; cette fleiri>sureet l'encouragement que je propose deviendront un 
MOtif d'une sainte émulation , et tourneront au proHt des mœurs et de la 
vertu. 

(3j Plutarqt e et Valère Maxime parlent avec attendrissement des seize 
£liens qui rTjvoient pour eux tous qu'une petite maison a ia ville , et une 
petite terre a la Cimpagne , on ils vivoient tous ensemble autour du même 
foyer , chacun avec leurs femmes ci leurs enfans. Cette famille , si reeom- 
mandable par ses vertus domestiques , donna des grands hommes à la pa- 
trie. Aujourd'hui, dit Plutarque, tes parens et les f.ères , s'ils ne séparent 
leurs héritages par de grandes rivièies , s'ils ne mettent entr'eux de$ régions 

entières, ils se trouvent trop voisins Roxc n'c:oit piu» libre quaud 

Piuiarque écrivait. ( fit d* Peut Emile. ) 

A 2 



Ta perte des pâtura, le rel chemeof des • *\ 

er traîne I* r..i:ic du pan lOtisme. t 

de Sr.-P.ci 1 1 . -t i i.,u< le | 

de» ncs à Faffl en t. ■ s. Il ub . 

(ju'il y en avoli ,vi t> ; / les auc : •.:.<. < 

ers vertus ctoieut en honneur* . ï I r. < 

que citoyen i de 

sa patiie , et rlc pn tutélaire , 

c r 1 ! f i de .-h pn-ti ï : ï • . 

Nous pcnsOTjs.çpçore que le plan Letier n'all 

pas son bût. L'éducation est a peine ébauchée .1 d< uze - 
et, dans le sysûue qui envisa :: reiie comme 

un asvle dangereux poui les eu.Fans . ( 
tôt peidu les furts rlc- ï' > - r.r te D 

à cet âga que 1 s cara tères reçoJ 'C il une empreinte ; : 
On sait que la nature est tm; icaucoup 

Avant j'ât»é de puberté, ce sont de- bntes, de 

imparfaites. Loin oir des h rames, on FormetQÎtdcs 

êtres amphibies. Et d'ailleurs cettf multitude •n.mease de pré- 
cepteurs, que net .: le plan de I. j 11 lier , rfli; 
elle par-tant ]e< taï«»ns ei ie<; Tenus? O quelle ame sublime ! 
s'écrie J.J. en cariant d'uq b' t , il Faut eue ou 
père ou plus rue. Que deviendrait le ; * 
de neîre : '.moi un pertajn nombre d ins- 
tituteurs sacs m o^raPitc , sans autre recommandation qu'un 
a'ir de patriotisme ^ -« . . 5 antre incrite qu'un bavardage insen.-é , 
qu'une prétendu pniîcsopfiic , qui semé , comme le d s 
J.J.,dcs drv- tnieï", qui âtfache du Tond du cœoT 
les remords du crime file* t octet latioui de la venu. Qu<-1 
diens de 1 innocence ! Ne non; y tn topons pas; la nature 1 
îement destine les pères ei ni rês à dont c? '.1 première * 
à leurs entais , qu'elle a voulu que ricu ne rui capable de h s rem- 
placer dans r-v pénible soin. Quelqt • §»'n que l'on prenne de» 
animaux qu'on rnîève .t leur mêré , L'ilV ri« sont Formes avant ce 
temps , ils dépérissent et p< rd< ni une parti de Lut énergie 
leur çaractexe Ccu>: espèce d'analogie entre celui qui nourrit et 
cclni qui reccii la nourriture li nfecs! ire à l'accrdissement, ne 
se tiouvera j 'niais ans- i pai ' :n instituteur et SOU ■ IS- 
ciple , qu'entre un père et un t.' Un >m.i:it élevé par un a 
public est une plante confiée à un cHmat étranges [1 . 



(l) La nature a mit dans tous le èwes tuait 
1 ; » rfju Ir^ui il» ont trou m le • - -, vaat < 



5 

Ajoutons à ces motifs une considération qui n'est pas moins 
puissante. On ôrercit h de roaîrt'< rircux épôùx t <nt ce qui fait le 
charme de leur vie Quoi de plus propre que les caresses d'ua 
enfant, à délasser un père qui e*r condamne a passer les jours et 
les nuits courbé sous le poids d'un travail p*'nible et fonstant? 

Oui peut mteux que lui sécher les lai mes d'une mère infortu- 
née qui pleure la perte de .son époux ? et n'c.t ce pas le tableur det 
jeux de l'enfance qui rend nos campagnes vivantes? Qu'il seroit 
dur d'enlever toutes les joui>saàces de la nature à ceux auxquels 
la foitune refusa toutes les sennes î 

Suivons donc la rouu tracée p\r h nature. Elle veut qu'une 
mère allaite son enfant , qu'un père en soit le premier précep- 
teur : renverser cet ordre , c'est quitter la réalité pour courir 
après une ombre ; c'est laisser Phomtne de la nature pour com- 
poser un être facti e ; c'est le rendre étranger à tout , lui inspirer 
de l'indifférence pour les devoir de père , d'tp >ux , de frère , 
d'eufmt, etc. : c'est donc ébranler l'ordre sodai , en détruisant 
les vertus qui lui servent de ba^e (['. 

Le plan de Lepelîetier est ancore p!us pernicieux au physique 
qu'au moral. Outre , comme nous venons de le dire , que rien 
ne peut suppléer les attendons et les sollicitudes d'une mère , il 
est très-dangereux , sur iout quand le corps se développe , de 
respirer un air mort, sans ressort , et chargé de corpuscules nui- 
sibles : et tel est l'air d.s maisons où Ton rassemble une quan- 
tité de monde. Voilà pourquoi nos hôpitaux deviennent souvent, 
pour la plupart des malades , des tombeaux anticipés. On a beau. 
y élever des dômes, y pratiquer des ventilateurs; la base de l'air, 
toujours plus pesante que le reste, ne s'ébranle jamais assez pour 



«on impulsion , se distinguent par leur tendr?çse. Qui n'a pas admire avec 
attendrissement les soins affectueux et multipliés des oiseaux pour leurs 
petits ? Les sauvages , qui sont plus* près de la nature , o;:» une tendresse 
extrême pour leurs enfans. Le planque nous osons combattre, contrarie 
4Îonc les vues de la nature ; et ce n'est jamais impunément qu'on la contra- 
rie. Je prédis a quiconque a des sntrailies , et néglige de si saints devoirs , 
dit J. J. , qu'il versera long-temps sur sa faute des larmes ainères , et nV« 
sera jamais consolé. 

(i) Les pl.is grands hommes de l'antiquité élevoient eux-mêmes le;irs 
mf.'.ns. Ils ne concevoient pas qu'on put se reposer sur de3 étrangers du toin 
de former des hommes a la pàtiie. Catan l'Ancien . qui gouverna Rome 
avec tant de gloire , ne quittoit son fils que lorsque le service de la républi- 
que t'exigeoit. Il ne permettoit pas plus de profeter des paroles mal-hon- 
nètes en ja présence , que. devant les Vestales. [ Plutarqvc ] Paul Emile, 
au milita de ses triomphes , ne perdait pas de vue ses enfans. 

A3 



rejeter toute l'infection que produisent )i EnaspîratK n insensi- 
ble , la rtsj/riuoij , les. vapeuis du durboo , le» potle* , ici 

chandelles , etc. 

Moyens et épargner à îi République !e: fiais cnaim.s qn\*izeroicnl la 
écoles pnmc:res , ti de dim< r a .\ g*SJ dts eau., . |#î#- 

ian(#i ^onl ÎJ*J oni besoin pour dcienu ae.--.ct.Lins Liloyew. 

Les arts , L'agriculture , le service militaire , et les intimerions 
nécessaires pour remplir ces objets avec distinction t: d'une ma- 
nière la plus utile . «,ont les seules cur.noiss mecs qu'un boR gou- 
vernement doit s'appliquer à donner aux çeijs di la campagne : 
tout le îeMe ne pourroit que les detournei de leur destination, et 
nuire à la société. Il faut donc Ici tourner tous ver* tes ob et» im- 
portant; et le rote ne doit leur être pi opose que cornu. e un ni 
de se perfectionner dan* leur eut, et de rendre leur coiwmeice 
plus liant , plus doux , plus sur , plus actif et plus utile. Il s : 
conseq îeuun. nt de leur toimcr le coeor par l'cxca>p-i de toutes les 
vettus domotiques et civiles , de leur appl end re a éciiie ci à lire , 
l'arithm» tique vulgaire , un peu d'aipentage , un recueil des de- 
voirs de l homme et du citoyen, et un abri ^e de notre coasi tu tien 
et de notre code civil. Tous ces objets peuvent être renfermes 
dans quatre lirrets bi-.n fa'ts , bien imurimes , et approuves par le 
gouvernement. Pai ce moyen , réducat : on seroit uniforme et la 
même pour toutes le» campagne* elle, petites viles. On remeuroit 
ces livres entre 'es mains d'un ou de deux vieillard* les plus res- 
pect. blcs de chique commune , pour f «* i re .iniant de classe* que 
la population du lieu l'exigeront Ces précieux vicillajrc} 5 seraient 
regardes comme des magistrat! domestiques proposes à la con- 
duire des eu fan s comme des aogfcs tôtelaires destines' i les diriger 
par leur expérience et par la pratique de toute> les vertu». Ce 
lei oit pour les jeunes gens une espèce de divinité qui prcsideioit 
a toutes leurs démarches , e: pour les vieillards une sorte ne nou- 
velle vie , une source de plaisirs seuls convenables a leur âge . et 
îa di^ne lécompense de leurs vèlfjus , pirsque cvtâgc n'e-t jamais 
si heuieux que lorsqu'il communique à l'enfance les choses qu'il 
a vue> ci appri.-es dans le cours de sa longue vie. DVilUins , si 
l'on erjoignoit à tous les maîtres d'école qui sont répandus sur 
toute la sut face cîe la Fra icc, de suivre ce* nom elles mun 
ji on les faisoir surveiller pat |a comm ne du I ru , ou si on les 
soumettott a f inspection du collège de la ville la plus voisine , 
il n'en est aucun qui ne paisse remplir Le but qu'on se propose 



? 

pour les écoles primaires. Pour diriger l 1 in.tinct et la simple 
intelligence , il sufru d'avoir le coeur bon , un peu d'expérience » 
des méthodes simp'es , de voir a'.ler son élève , et de le guider. 
Je pense de plus qu'on devroit exiger des maîtres . de ne 
tenir leurs écoles qu'après !e travail de la journée . afin que 
l'instruction ne nuisît \ as aux travaux ord.naires. Pendant le 
jour , les uns iioient a" prendie des métiers , les autres seroient 
chargés du soin de la niais n , d'autres iroient à la charrue , 
veilleroient à la garde de* bcs:iaux , etc. : sut le soir , le» 
garçons se rassembleioicnt chez le maître , et les filles chez la 
maîtresse , où ils s« dclas^ei oient en s'instruisant , et finiroient 
la classe par des jeux propres à tes égayer, à leur procurer un 
doux sommeil , si favoiab'e à la nutrition, et à leur donner du 
goût pour ces petites assemblées. 

Quant aux écoles des villes , nous croyons qu'il suffit d'y 
établir cinq maîtres , selon le plan qae nous ea avons Uacé 
dans la première partie de l'ouvrage. 

Il faut se donner bien de garde d^adopter le sentiment de Condoreel 
et de<, autres législation qui VQudroient isoler l'éducation , dt 
la religion. 

Oculis errantibus alto 

Qnsesivit eœlo luceni. . . . JEneid. L. IV. 

Ce n'est pas la fortune qui régit le monde , c'est la v#rtu, 
Voilà la règle d'après laquelle on peut mesurer la force réelle 
des empires , et annoncer sûrement leur élévation ou leur chute. 
La vertu est com ne le feu élémentaire et le piincipe conserva- 
teur d'une République (l). 



(i) Les crimes peuvent avoir des succès passagers; mais ils servent enfin 
à l'illustration de la vertu. Des individus peuvent bien échapper ici-bai 
à cette providence , et prospérer par le crime ; mais , s'il est une vérité 
démontrée , c'est que les empires ne sauraient être heureux que par Ici 
feonr-ies moeurs , la justice , etc. Les œuvres de Montesquieu sont d'aï» 
bouta l'autre ia preuve de cette vérité. Les histoires de tous le» temps la 
présentent d'une manière encore plus frappante. MabW ,. dans tous ses 
©uvr,içr< , démontre par des faits que les mœurs sont le principe de la pros- 
périté des états ; que toutes les républiques n'ont perdu leur liberté , leur 
gloire et leur bonheur , qu'en perdant leurs mœurs.. Par-tout il préserve la 
Yertu comme le principe vivifiant des etatb. N'«s4-ce pas par cette convu tio-n 
que le peuple d"Athènes passa à l'ordre du jour sur la motion injiisre de The- 
nvUocle? On sentoit que, si des injustices «nt quelquet succès passagers , 
«lies entraînent tôt ou tard la ruine Jes gouTcrnemca» qui las commettent, 

a 4 



8 

E«t-ee bien-là la baie qu'on vent donnera rne Iczi.s! :tion , 
ejuand on avance avec un philosophe légil h cui , qttf c*«H in- 
sulter la laivon et l'espèce humaine , d: croi'C on'il fajghl une 
rel'jrion aux peuples -, qu'on ne peut en soutenir ft.ulitr , sans 
diie qu'il peut être utile de irompor les homme* ; q>.'il 
fou 1er la morale sur les seuls pr.ncpes de la ra son ; qi- n doit 
bannir toute idée religieuse de l'éducation , et que c< tte j I 
criprion doit même s'étendre sur 'a religion naturelle. Noms ne 
craignons pas de dire qu'une telle doctrine est destructive de 
tors lf s lie: s socaux. 

Vouloir ban ir de l'édacition route 'd- ; e reli i^u^e , c'est 'op- 
poser qu'il peut subsister i ne société d'dthées ( ) : or . si' r>t 
une vérité raoale bien dem mttée , c'est qu'une idle société 
répugne. T a phi o»ophie elle-mé ne confient depuis long-tempj 
que la'héisme efféminé, avilit le* hommes , concentre toutes 'es 
Vass'Ong ia ?s 1<» bassesse de 1 intérêt patt < u'ier , et sappe a | i l | 
bi'iit les vrais fondemeus de la société. E le a prouve coutre 
Bav e q i'il est impos^ib'e de rondei un -t't, sans que la rc- 
îi i »n ui serre de haxe. Ans i . quand Osar , plaidant aotil 
Catiliaa , tâchoit danea itir le dogme de TimmoTuLt te l'â- 
me , C«ton et Gicérno , pour le îetutcr . se contentèrent de mon- 
trer que César pailoit e.\ mauvais c;to\cn , et avanc it une doc- 



pervenissent ■ et bonnes mo- urç , 'abonne foi, etc. , altèrent la confiance de» 
eitovens entr'eux , et des étrangers pour les natnre's du pays. Fnfin , l'idée 
<jue c'est la veitu qui dirige et conserve r? « t st> , tient anx concept 
■premières et foiu'amenta'es d'une providence; elle est le lien et la I UV%. 
garde des sociétés : la bannir , ot- ixrmr la rèv j'ier en doute , e'eit ouvrir 
la perte a tous les crimes ; c'est Ver l'es primes, le; reh<-' 

eon traire s ne prouvent pas ni us contre cette vérité, 'que la grêle et i es ora-jes 
contre l'harmonie de l'ordre phvsuiue. : 'et oracle se vérifiera toujours r 
Ke^num à ç'ntt in gêhfem tran f-rtur propter injustitiai tt dolo<. Ou a dit que ri 
Dieu n'txistoit pas , il faudroit l'invente : ie dis de même que si cette 
▼etite n'existoit pas , il fa «droit l'enraciner dan < tous les cours, parce qu'elle 
•et necessa.re au repos et au bonheur du mon le. 

(i) Cette conséquence est évidente; car, pour bannir la religion de 
l'éducation , il faut la croire dangereuse , ou du moins inutile à la so< 

Supposons un hornrne qui n'ait jamais entendu -< er -ie la divinité , »'it 
(n peut exister de tels : cet honnu- ne manquer» il , la de d >boiJ 

que l'être dont on défend ainsi de prononcer le non. evant laie nesse , est 
sans doute l'être le plus malfaisant, le plus ibomtri b e de I • nature .... 
JM-is quel seroit son ctonnement , d'apprendre de la bcuehe de ses pi 
teun eux-mêmes , que c'est l'être c,ui remplit toute la nature de sa b - 
aance , qui est la source comme le modèle de toute justice , le principe de 
faute vertu , de toute action honnête ! 



9 

liiûc pcrnicieibe a l'état. Un habile politique, le sage Montes- 
quieu , reniai que que les pr>> -jif.s de la .secte 'l'Epi' me bâtirent 
la ru'iie de la République romaine , par la corruption des mœurs 
et Tanéant i>e:i u>t presque tôt 1 de cette d.oiiure, de cette 
fidélité dans Jcs sel mens , que là crainte des dieu* avoit si pio- 
fondérnei!; enracinées dans e cœur des Romains. I a même cause 
avait produit te mêmtf effet ehe4_les Grecs îon t-temps aupara- 
vant, u Si vous p ctc-/. aux prêts un talent avec dix promesses 4 
n dix cautions , autant de témoins , :1 e.st impossible qu'ils o 2r - 

m dent leur foi , disait Po'.ybe , livre V. »1 On a donc 

sagement enseigne la crainte d'une autre vie, et c'est sans raison 
qu'on la combat juionrd'hui. «c Quand les hommes f roi' rit péné- 
55 très de la crainte àa rlieux , disoit nn cfl.-bre Républicain , il 
11 suffisait d'un serment ou d'une simple p remède de leur part; 
n mais aujourd'hui que des hommes pervers wie'tent rn question 
îi si Ja divinité se mêle des ch v,es humâmes, il faut rirai tipHet 
n les Ibis , les peines, les entraves de tout- espèce; encore ces 
jî précautions sont-elles insuffisantes contre les parjurer 7 J ./*n 
îù . 2 d- la Rep. j On ne s^ra pas étonna , après cela, d'rntrndre 
l'auteur du contrat social soutenir qu'il est une profession de 
foi , dont il appartient au souverain fie fixer les articles , non 
pas précisément comme dogmes de religion , ma s comme stn- 
timens de sociabilité, sans lesquels il est impossible d'être bon 
citoyen. Te's sont, selon lui . celui de l'existence de la divinité 
puissante , intelligente , bienfalsinte , prévoyante et pour- 
vovame , la vie a venir , le bonheur des justes , le châtiment des 
médians . 'a suiiveté du contrat social. Le souverain , ajoute-t-il , 
peut bannir de l'état quiconque ne croit pas ces don-me.-;-, il 
peut lf bannir, non comme impie, ma ; s comme insociable, 
comme incapable d'aimer sincèrement les loij , la justice , et 
d'immoler au besoin ^a vie à son devoir, i) 

Il n'est pas vrai q :'on puisse ton 1er la morale sur les seuls 
principes de la raison. Si la divinité n est pas \ l'homme ver- 
tueux n'est qu'un insensé. Q^ el mot.t huma ; n ( car l'athée 
n'en a tas d'autre) , poum.it me déierminer à procurer le bien 
général contre mon i"tc-i èV particulier , à sacrifier ma vie pour 
ma pat*ie ? Seroit-ce l'amour de l'ordre ? mais cet amour de 



(i) T. T. ajoute même: •# Si quelqu'un, après avoir reconnu publique- 
ment ces mêmes dogmes , se conduit connue ne les croyant pas, qu'il M»it 
puni de mort ; il a commis le plus grand des crimes , il a menti devant les 
lois. 

Suiti du ria-i d'éducation , £ar IVandelainceurt. A 5 



f G 

Perdre p-nt-il l*emportei en moi sn celui de mon bien être ? il 
y a j lus , ces actes de courage , de générosité , de dévouement , 
que commande quelquefois; la gl< iic ou .e salut de la patr;c, de 
tels actes ne peuvent paroîirc a L'athée qu'un véritable désordre ; 
car c'en est un sani dot. te, qu un homme soit jamais force d'agir 
centre sa nature , en vacillant aux amin , -;i; i magement 

c mme sans espoir , le seul bonheur auqui 1 1. pu se prêt udre. 
Donc touta^te destructif de la vie présenté et de ses jouis 
ne peut être qu'une véritable loi c aux yeux de L'athée. Les no- 
tions de \ icc et de vertu changent dans tes principes , au point 
que le vice peut devenir par rapporta lui I amour de- loi di e et 
des principes; car l'athée ordonne le tout par rapport a lui , il 
se regarde ccmmc le centre ou tout doit aboutir. 1) Il n'en est 
pas de mc:nc de l'homme religieux; son bonheur n'est point 
ici bas. 11 va à son but par le» sacrifices même qu'il fait à «a pa- 
trie. H supporte les maux avec courage; il fait de bonnet ac- 
tions sans témoin , et ne se rebute foi; t des injustices, (a) 

lln'c-tras \ rai non y. lus que toutes ks religions soient va- 
riables. Il e^t des dogmes, des principes communs a unies, et 
c'est sur ces dogmes oue îcposciit le bonheur des sociétés et les 
venus qui les maintiennent. Comme le soleil da s sa ccurse 
embrasse tous les peuples, de même ces idées consolantes qui 
t ennent à tontes les espérances qui s'y réunissent, de- itnnent 
la propriété de tous les hommes. Lt , quand il seroit vrai q>.e !ej 
relations de l'homme avec la divinité ne seroient [ i- les rue mes 
dans touies les reii^iens , seioitec une raison pour proscrire de 
l'éducation toute idée religieuse ? jVtrnerois autant qu'on défen- 
dit aux instituteurs de former leurs élèves à la piété filiale , à !a 
reconnaissance , à la commise, ation , etc. par<.c qu'il exis:e chez 
tous les peuples différentes manières d'exp/ÎM ei ces sm imenS, 
J'aimerois autant qu'on défendit d'enseigner les aits et :e> seien- 



(i) C'est un principe démontré e« morale , que les venus et les vices r.e 
lont tels que par leur îelation on leur opposition avec notre fin dernière. 

(2) Cl r:u-;on hurn.iine est forcée de convenir que la meilleure constitution 
est Celle où la 1er' de • politique et la législation religieuse , renforcée* 
l'une par l'autre , «e prêtant Un mutuel appui, fo;.t concourir tOUtCI '.es 
fui. es de l'autorité et de l*npil liU B a consolider .c bonheur des hammei s;:r 
la terre , et à les faire jouir, t*une de la paix extérieure , l'autre de la pan 
iiiiCMCurc et cl on; es tique. Or l'a t ht e ex I iut ne c essai rein en t une teile coiriti- 
. rr ne srpposc qu'une héffsilticra] incomplète , qui s'ccioule bientàt . 
fa. te d- ta--'"- 



Il 

ces , parce que les principes n\n ont p.'S tou'OMrs été les mê- 
mes , -t qu'ils peuvent changer encore. Qjae diroit-on enfin de 
celui qui ne voudroit -joint qu'on prëc$ULt i obéissance, aux lois , 
sous le spécieux prétexte qu'elles changeront un jour? 

S'il est insensé de proscrive la religion n tu relie , quel peut 
être le motif d'interdire aux instituteurs l'enseignement d'.mc 
religion qui en perfectionne la morale, Ipra même qu'une nation 
toute entière la réclame comme la plu» sacrée de ses propriétés? 
C'est soutenir , dit-on , qu'il est utile «/<? trompst les kommss. C'est 
vous, incrédules, qui les trompez; car le triomphe de vos prin- 
cipe seroit le triomphe de l'anarchie , et la Jiss .dution entière 
de l'ordre social. Qjitnd des géniea heureux et bienfaisant o::t 
voulu cime: t r la liberté et le bonheur de* peuples , qn and ils. 
ont voulu les porter i quelque chose de graud et de sublime, 
ils ont commencé par proscrire vos principes. A quels signes 
plus certains reconnoît-on l'erreur i t 

P*»ur mettre la vérité da~s tout son ionr , nous allons démon- 
trer que h religion est nécessaire à l'homme sous tous les rap- 
ports , à l'homme privé comme à l'homme public; qu'elle seule 
peut serv.'r de garant aux vertus du citoyen , et de sanction 2ux 
lois ; que les goavernemens et 1 s lois de tous les peuples repo- 
sent >ur la religion : qwe le christianisme enfin renferme en lui - 
même tons les caractères qui peuvent ie vendre précieux aux peu- 
ples libres. 

La religion est tellement nécessaire à l'hemme que ce seroit 
•néantir sa nature, de vouloir l'arracher de son cœur. Ses 
plaisirs comme -es peines ; ses sensations physiques comme les 
Opérations les plus intellectuelles de son ame ; son ignorance 
comme ses lumières -, la crainte , l'amour , l'admiration , la 
mélancolie, la joie , \i contemplation des merveilles de la 
nat :ic , comme l'aspect de se^ ruines , nous portent à*u& le sein 



(l) Poui interdire aux instituteurs l'enseignement du christianisme , on 
nous dit qu'il peut arriver que nous changions déniais de religion , qtt{ 
noua soyons Turcs , juifs, athées menée. Ilasfuren-vous , philosophes; le 
b jr. peuple tient pin? a sa religion , qu'un académicien a »es systèmes poli- 
t ucs. On confond a dessein la tolérance avec le mépris, ae toutes le.-, reli- 
gions : c'est piéci«ément parce que la liberté des cultes cm .le; rélée , qu'il 
doit ère libre a une nation de faire enseigner la religion a !a jeuxesse par les 
instituteurs qu'elle salarie. On sait très-lieu qu'a l'exc cation d'*u t. es- 
petit nombre de juifs ou d'*:hees , la Fiance toute astièra et 1 1.; c tienne : 
je ite parle pis des dogmes particuliers su catholicisme. Qu'on laisse dans 
enseigner l'évangile. 

A 6 



1 2 

de l'être snoréme. En nous rappelant par>tooi Ici a t tr/ 
divinité , l'infinité , l'étendue, la durée , la pu 

deur et la gloire , la religion l Ufli 

nos passions i -, elle leur donne aussi une impulsion i 

rlle tend une main a l'infortune, c: repousse de L'autre 

oppresseur. El e donne une patrie aux malheureux ; c 

nos berceaux des ihanre 5 de • : de 

nos pères dci isperance:» ic l'immortalité. Elle embel 

I i ; de ! t u ent elle consacic par 'les rc 

simples rochers; et jusqu'au sein dei tempêtes < et an n 

dri Sots r.moncelés dans les I 

s'est bâties snr TOcéstn , elle fait luire an ! 

un rayon céleste , quand les sennes entrouverts lai présentent 

sans retour f image de la mur. 

La religion est nécessaire i la jeunesse. îl faut , dit un sage, 
pour traverser avec sûreté les jours orageux de la \ : e, des 
piincipcs qui commandent, et non des réflexions qui i > 
conseillent Les passions <>m été données a 1 L< 
tcur il', ton être , pour le porter au lie t i avec ; ^ et 

d'ictiviié ; mais, par un tr'ste effet de la dépravation 
presque toujours elles ponssi nt rhornme en , ; i 

re!i^i''U vieni leur servir de frein ; elle peut seule chan 
sidem^ seasfbilité , s<-»utcc de t,-rt d'écarts homenx , en une 
soit du bien et une sainte émulation dé la venu i . 

La il1!lmo:i est sur-ton' U patrie oine de ces hommes con- 
damnes a des travaux grossiers , >!r ces in( unes qui ceinl 
ici s ici bas entre l'indigence <i les infirmités. C'c^t en vain 
que le philosophe leui rappelle leurs dioi;^ , la liberté et 
l'égal té ; iis n'apperçoivent par-, cm, t que disproport 



(i) Iri'ucncedes opinions rc'igieusef. 

(i) N'est-il pas bien singulier qu'on cn'c ; çr.e jve,- nnt '-ic <o : n S la jeu- 
ne-' e tous les moyens" de s'enrichir, er qu'il soit défendu de lai <i 1er de 
l'être qui remplit l'univers Je ->a bienfaisai ce i comment lui Jevoilei le- mer- 
veilles -re la nature , sai s lui parles de son auteur , sans f*:e naître 
cœur l'amour, l'admiration, la reconnoissance , les sentimens rc ; 
enfin î L'athée ne peut être qu'un tràs-suanvai yh sicien ; il rc vo;- 
tout «lue des effets «.ans cause. Si la i atu'c lui dévoile quelques tnerve 
eile lui crie sans doute , comme César à Brutus : Et t oi a s 
Le sublime Ncvton voit pas tout la divinité : on rc voit qu'e'le dans les 
I _ . ta nature.» dans les ouvrages de Charles Que la nature en 

belle et maies tueuse &OU' les pinceau* de ces grands hommes , quinout 
y par-tout son auteur r 



bb.nies. La rclig'on seule leur montre un temps de wpprO* 
chement et inégalité. ; i ne sont-ee p~.5 les r, '. : seli 

du pauvre avec r'a divinité , qui le relèvent à «es vts yeux , 

Fempêchent de succomber sous le poi . -. >- r li.' 

donnent le couraçe de' ;■ c • : à ci 'à ! ueil d.> sup ' i - 

ce pas la religion qui lui apprend a compter pour rien les 
tinctions, les honneurs, qui éblouissent le philo ophe lui-mênu ? 

Li religion est nécessaire aux riches, aux puissans , à ceux qui 
gouvernent, C est elle qui. leur apj oire n'o-t 

qn un éclair , et leur puissance que foibtesse ; qu'un Dieu 
éclaire de près leur conduise : que la mort est a ses >rdres, et les 
an èneta bientôt à son tribunal. Un prit ce qat aime rareli ion, 
et qui la craint, dit Montesquieu, est nn lion qui cèd; à 'a main 
qui ie flatte , ou à la vo;x qui l'appaisc. Celui qui n'a peint du 
de religion, est cet animal terrible , qui ne sent ;e;té 

tj lor .' . déchire et qu'il dévore : et le philosophe d À-tembem 
lui-même ne dit-il pas que ce scroit commettre un crime de 

de vouloir ôter cette croyance à ceux qui gouvernent? 

1 ! Pavoir fait usage de h religion pour établir îes 

pi ic pes de 'a flicité des peuples , pour éclaireT son élève sur 

i étendue c: la pgueur de ses devoirs, pou: lui inspirer l'horreur 

: et de 1 oppression. 

Quels soat au reste ies caractères d'un bon citoyen? Il porte 
sa patrie au fond de <on coerr, il ne vit que peur elle , il n'est 
heureux que de son bonheur ; il est toujours prêt - lésïgnersoa 
existence , quand le saint de cette mère commune l'exige. Hé 
tun , la religion ne lui inspire-t-elle T)r>< tous ces se^timens? ne 
vient-elle pas cimente? ies liens qui unissent les h troe 

~ c pâtre? Les séditieux qui la déchirent, n'tncouient-ils 
les a na thèmes de la religion , comme l'exécration de la 
terre ? Dossier , Pal tique tirée de récriture sainte. G. ) 

î c it-on ces hommes de probité ? ^a religion est le meilleur 
garant que les hommes puissent donner de leur pi obi t.: , dit 
te quieu. La ; hiîosophic ne peut pas pins Former des partî- 
cn! - des nations ;Uitcs et philanthropes : elle livre 

cc . :■- par conséquent à toutes les i: 

tices qui soat - leur bienséance ; elle abandonne ceux-là à leur 
îm i ; personnel , source fune>te de tous les crimes. 

\en:-on des m res et innocentes ? la religion^ en est en- 
core le outien. Les devoir- de la loi naturelle t-ei oient bientôt 
c Fa.céc de nos cœurs par les .:. - exemples , s'il: ne s'y rttra- 



(;o ; rnt ri nom de l'étemelle justice cn.i nous Ici imp s;, et q-it 
nom Ici v oi: remplir ' ? . 

Y. • h d< s hoirn intéressés , dévour'sj squ'i la mort à 

Icn: ; .. ■ , « 'est ce p«> ia religion .:>c a 1 homme 

srmcpiisrr l'avarice cora 1 - 1 c , ^ retter 

■ 1 que son 1* vi'..; nce de la tempête? 
' e, sans Dieu et sans espérance , peut être a tu te 

0e qn uer la bi t ~ 1 pli e v.' tsous ( . . rr d*y 

pet r, que ;t er !"c:.nn:) ; . L'hoisme 

fait ton devoir jusqu'au bout ; il hasarde ;oiit «„n> : ; ! r , par^e 
qu'il sait Lien qu'il ne doit rien \c.\:r. Il 'lui, < .;m»n» ai 
aucieti héros: uSi notre heure est arrivée, mourona en e,ena de 
- ;o.v noi frères, c »ons , o n; notre 'gloire. »i 

( fi'arh. 5 i . La religion lui apprend i montrer tel , s -n< 

dis.rnction iie trmps ni die bn | comme sur le 

• C'e^t un? vérité sentie par tous le;- anciens , q :c l'impicte entrai' e tou- 
joi. I.i [ ir.i de moeurs * et ] s m uvoises moe..r> la perte de la liberté et des 

. 1 ... ccic. r des enraiu a 'a 

patrie» !i cm sans doute l'un sage législateur l'encourager les mariages, de 
Je; .::. ci es j mai si est souverainement . de favoriser le 

libei iuage er ? séçiuctioi , q 1 nuiseï 1 à ..; .- m et •» la tranquillité* 

de ■ . r : Leqùinio ) a avance qu'il seroît à dctiiet que 

personne ne ce m:u: ni son père m sa mère. Ce e r enlèvera la tenu ^e$ 
pli .;a e: jouissant es j c'est dire que lapiez f;'. J. .'.t endresse paie:., r 
.t . . ,-. son' de? prv.j.'.'c. contraires -1 bonheur de !a société j 

c'._ : . a tir l'amitié, ■.;: elle .', a première source dans le cœur des epoui , 
d.-.-: en! , parcys , c'est eappet routes les venus civile , c-.r c.les se 

composent toujours de , tt les [pemme ne deviennent 

b na ci • eni qu'eu ... erre boi fi i , bons maits , bons peres , 

etrv, c'e»; rs a eren que que soi te l'homme au- les e II en hr-. r.niit 

r. ■■.:• :he à procréei u; lab!« â lui. Qu ; ! l'homme se 

rccaîi 1 sans pren resoi dk le former pour le bon- 

heut , ci dispose ni sor cueui à 1 -.cr.u! ! \- -m e de l homme A p- 

paitîi 1 salement à ceux qui lut on • et quand elle est finie , 

loir ron >re le liei jui ] • u ei r . La putr'e r.'a 
rie ai'?! -.'.e l'un fils ingrat ^t dénaturé. E 1 il une dect i: - e plus capable 
e T_. T 2 (■ l*eipèc« humaine i elle n'est pas même bonne ponr 
ic 1" . baies i e ce i i , c't 

e ; - cj et | : " a d topes , qu'on la propose! s*i » -t ii. en <.• de 
'est j a> sans doute qu'un homme de bien 
le ;uc à »es a, tan . L'image de sa vie. 

(f) Qu'on •■ . r ,.-•■•- U i mert ; *n 

, u t rrei 

: ' x | u i i 

nent. I e , disait a 

fou . . . '. : . 

iubstance les Uei , :. de Bamcveii , de 

:', . etc. 



i3 

théâtre de la gloire , au dernier poste de la société comme au pre- 
mier. L'homme sans religion ne sera jamais qu'un froid égoïste, 
qui ne fera que prêterai ses Concitoyen* dss services qu'il espère 

recevoir d'eux avec usure, lis sert sa pi : c comme il servir oit le 
tyraa qui distribue les gfaces : i! deviendra l'ennemi de ses con- 
citoyen? . pour peu qu'ils choqncnt sis intjié s ou son amour- 
propre. Il dira avec un tyran que 1 ni loire nous peint sans reli- 
gion , qu'on amuse les hommes avec des paroles , comme les en- 
faus avec des Osselets. 

Mais sur-tout rien n'importe plus que d'inspirer la douce phi- 
lanthropie, de re>se rer les liens delà fraternité entre les hommes 
et les nations. C'eit ici le triomphe de la religion -, c'est par elle 
que les nations s'humanisent; c'est par elle que le successeur 
de Romulus adoucit la férocité des Romai-is ( Pluiar. Vit de 
Kuma \ ) c'est en son nom que des hommes violens, p'ei-.s de 
passions , se réunissent sans contrainte soui l'empire ('.es i ois. 
La religion non->eulement commande , mais par le charme inef- 
fable qu'elle exerce sur nos cœuis , elle nous inspire toutes les 
vertus qui font le bonheur de la terre. Elle rend l'amour sublime 
et l'amitié généféuse. Elle place no» plus douces jouissances dans 
ce penchant qui nous por:e à nous aimer les uns les aunes ; 
dans l'accompîiiscment des devoirs sacrés de père, de His , d'é- 
poux , d'ami et de citoyen. Elle ouvre au pauvie t:.us les canaux 
de la bienfaisance ; elle rappelle à l'homme puissa-.it que 1- puis- 
sance n'est destinée qu'à aider la honte à se communiquer davan- 
tage , comme une fontaine publ que qu'on élève! pour répandre 
i^s eaux bienfaisantes. E'.le apprend à respecter l'humanité jus- 
que dans le droit de la guerre. Sans elle, la terre n'e^t plus qu'un 
xepair; de bêtes féroces qui , sou» le masque humain , brûleront , 
comme les sauvages de l'Amérique , leurs ennemis vivans , et 
dévoreront leur chair sanglante. Avec le méptis des dieux, na- 
quirent , au sein de la Republique romaine, les proscriptions, 
les meurtres, les empoisonnemens , etc. N'attendez pas que l'in- 
crédule aime sincèrement m concitoyens. t< Il n'y a que lus 
»» dangers personnels au philosophe, qui puissent troubler son 
il sommeil, et l'arracher de son lit, dit J. J. ; il n'a qu'à mettre 
s) ses rnains sur ses oreilles pour empêcher la nature qui se ré- 
*» vohe en lui de l'identifier avec le malheureux au'on c r or<'e 
j» sous sa fenêtre. ( Discours sur V(ç.i!ilc des conditions, j »j II 
parlera de sa philanthropie pour les peupl-rs d'un autre hémis- 
phère , pour se dispenser d'aimer 3on voisin (i). 

(i) Comment l'athée &eroit-il sensible et bienfaisant ? il ne trour» pal 



i6 
î i religion peui • mi aux vertus dn eitoyeu , 

et de i , I, es lois ciyUçs^ les plus ] 

peuvent former un boni m* «ic bien. Ccsljkcuat tre ju le % 

dit Sine que y. si . * i .- • . <• 

, i> Uf Ni UCT . • - ' ,/ 

Sur quclU base , au rea-e , repoi lo i ? C'est b:rn le 

c - ■ le .dire , avec J .J . « ; , tes lois 

• ion! {• ri bel e> . m'en de tnace '* 

»i lion , cesse un mon cm de battit la ; ». Il n'y 

a qn« ; .t relrçiot* qui pusse tc i ~.e , 

déti tiisje; ses vices , i j | • jn< r? r jou indo- 

lence. Elle seul anime nu- actions | 

i drç il s v ■-■ r. nos p ei - c nù* 

v.a. v, r • uns \u tice , < ! • u eu : c'ie seule 

accorde le tour avec -es di hors ; elle eir - 
irioi'dliï 'duN l.iTins [î-; 
dr i i <•■ u( ri i< is. F h do , • . qui voulez Lai 

clfréiten , le veutimeri ei : le la 

diviu '■!<-, dh< s-nous, donc que esj oir son 

'"K'I ? 'l'J-CC la [I- te u d 

c, evQVs lui prépariez? mais elles ur. d< 

te. Sera-ce le rttent's&ement de la renommée , tien 

de son nom d a&tes , pu sur vos ob ! ■ ... 

i-ni vos louanges .1 -r cendres nseï Bibles ? Et \ou« , citoyens 
obseurs . qui suc* ns gloire » à xjui v< 

honte -, les calpmu rj, les persécutions, la pau.vre é , m', 
vousdaus desroutes si àpies et si rudes , si une lumière d.\ine 
ne lu; s oit à voi yeux ? 

Les anciens savQrent birn que l'an i r seul de la liber i : 
pci ' produire P enthousiasme c! 5 au on-. I es R m 

Montesquieu , mêloient un seni )urqu , iîs 

■. nt pour leur patrie. Rome armoh son ami 

cèlettt , a'.n de la :cndrc victorieux d< - ' - les plus re- 

dontj blés. 1 c> Grecs , dit Plu-.a que , ( Vie dr 7 ne se 

goucioieot plus de vaincre, après ivo 1 al - temples de 



D •: r cp lui ÎC lai c ■ • ' I ic ' ( >-r 

dit l'intért 1 .■,■:■/• - • 1 

' SCCI rt andrs : ils eio> m nt .. >:r '.i • t : e 

ton. hi ' observe que 1 m pas 

trateurs , tantéloquess lorsqu'ils parleni 

( 1 ) De» • 'nue jutre 

• . poùi faîi e exécute • a 1 ojus 

tentic • du magistrat, ctà; moyeu s qui tieanent de la bai 



*7 



leurs dieux et les tombeaux de leuis ancêtres. Ce fui l'enthou- 
siasme de- seutimensreligieux qui rendit invincibles '.es piemiCfl 
di>ciple< de Mahomet , devant qui les peuples ki> plus bruves 
fu\ oient , comme de timides colombes s'échappent à !a vue de 
l'épenier i) Sons les auspices de la religion, l'âge le p'us tendie 
devient capable des plus généreux efforts 2). 

Nous avons avance que les gouvernement et les lois de tous les 
peuples reposent mit la religion ; que pur-tout l'impiété a été 
exécrée et ptoscrite. Qu'on jette en effet les yeux sur l'univers ; 
<|n'o't passe en revue tous les siècles ; de toutes par's en voit 
s'élever un concert religieux en faveur de la divinité, vu culte 
public et solemnel . des temples où les hoa:rnes viennent l a- 
dorer, la chercher dans leurs craintes ou leurs espérances , où 
tous ensemble ils font parler leur foiblesse et leur ni ère 3\ 

C'est par cette autc; i e suprême qu'ils croient mettre un sceau 
inviolable à la solemnité do traités; c'ot elle qu'ils ton c inter- 
venir dans les sermens; c'u^t à elle qu'ils confient et abandon- 
nent, par les imprécations , la punition des crimes et des peifi- 
d;es qui échappent à la connoissance et au pouvoir des hommes. 
Par-tout l'homme recommande le berceau de ses enfuis à iUs 
dieux protecteurs, les invite à son hymen, les invoque, eu 
pleurant, sur la tombe d'un ami , d'une épouse que la moit 
vient de lui ravir , et auxquels il espère être réuni durs un séjour 
plus heureux. Nulle guerre ne se déclare (4) , nul combat r.c 

(i) Plutarque remarque qu'Alexandre ne se livra aux désordres qui 'o;i".'.- 
lèrent la fin de sa carrière , que parce qu'il se crut abandonne des dieux. 

(2) Rien ne prouve mieux cette vérité, que l'action que fit Fal itiï Y)^t'o , 
lorsque les Gaulois assiegeoient le Capitole , après la pri>e de Rdnte , et 
que l'crFet que produisit sa hardiesse sur l'esprit des Gaulois. Ce fut '.'en- 
thousiasme religieux qui détermina une foule d'enfans a se cici^ev pour la 
Terre-Sainte. Qu'ils sont donc insensés, ceux qui veulent rompre tous les 
liens religieux ! Les athées reconn ois sent qu'on ne peut rien sans la religion , 
quand ils disent que tous les législateurs ont eu recours à l'intervention du 
ciel , afin que les peuples , reconnoissant le même pouvoi» dans la rbrutaiiou 
de l'homme et duoa celle de la citt , obéissent avec joie , et peitasseat doci- 
lement le joug des lois. 

(3) Pline dit que les arbres ont été les premiers temples de la divinité. 

(4] Xenophon , dans son traite sur la guerre , avance comme principe 
fondamental de toute morale , qu'on ne doit rien faire sans *e rtnuie la 
divinité pTopice ; qu'il e»t sur-tout mille conjonctures douteuses et obs- 
cures , où les plus clairvoyans ne peuvent prendre conseil que oe la divi- 
nité. Philosophes: vous là'oserici dire que c'eft ici le langage d'un 1 
fo»b-:e. 



A 

donne sani avoir auparava-t imploré Te-f eeonta rie la divin're; 
et la gloire d tnecès ui est toujours rapportée par des actu » 
4e grâce] ibliq ci 1 . 

Interroges les philosophes anciens ( ce n^m siçn'fioit alors un 
bermnaesa <• , religieux .imttateui des dieux ', -, i:» vo-. s diront que 
non> devons ne» premiers devoirs aux dieux imn.ortels , les le- 
çon H s a la patrie [2] • qu'il Df peut exister de société bien organisée 
îc:-bai , que parmi des hommes persuadés qu'ils ont au milie» 
d'jux , pour jnge et pour témoin , la divinité même (3) ; que 
n vertu nevieut point de la nature , ni de l'ins'.r'.iction , mais de 
la divinité \\ 5 que nul ne peut être par lui-même b. n citoyen; 
que la divinité réside dans le coeur de l'honnie de Lien j q-ic ce 
i»'c»r que par son assistance qu'il peut se montrer inébranlable 
dans les perils , vainqueur de ses passions , heureux d-ns l'ad- 
versité , tranquille an sein de l'arabe (5 . Le chet-d'eeuvre de la 
Sagesse païenne , Marc-Aurèle, ne voit point de plus sublime 
Occapation pour l'homme , que d'honorer la divinité par un 
cul:? religieux (6). 

Voulez-vous enfin- interroger les législateurs ancien» ? Vont les 
entendez demander d'abord de leurs concitoyens, qu'ils soient 
fortement persuadés qu'il est un être suprême dont la pi ovi dente 
bienfaisante embrasse l'univers ; qu'il faut 1 honorer , etc. 
). Tous montrent !a divinité comme la source pri- 
mitive des lois , comme la principale autorité qui en commande 
l'observation, comm* 1? plus puisant motif pour v eue filele. 
Les législateurs modernes cous otfient un assentiment non 
moins solemnel en faveur de la divinité et d'une religion. Ce 
n'est p -inr ne constitution dcpoiique que nous voulons consul- 
ter , ;r.a ; s celle d'un peuple libre ; par exemple , celle des Etats- 



Daus la premièie assemblés gévérals de la G rece qui te ti»t apré? la 
fa^'ii-f baeaiPe de Platée t le juste Aristide proposa ao*i roi 
a»»'is lésa emhleroii par députes , pour faire des sac « 

■ox dieu» libérateurs de la patrie. Ce décrut fut adapté avec trauepi t; 't 
relie étoit la r »• !'\ ; e usr recounuissanec de en peuplas , la Bal 

•1^ desceodank s'en acriuiitoieat encoie. [ PiaJttff va» ) 

(:) r,t-r. , . dl I I 
{3; dur. dt Ligib. 
{4) Platon. 
( '■) ) Séaèque. 

{fi) Tonr peuple qui a'eat pat barbare , 1 one is.igîcn ,. dit MiL>. 
( D.»iti a dt, t i . . 



*9 

Uunîs de P Amérique. Voici le préambule de la Déclaration de 
la république de Mnasacnusselt : te Comme !e bonheur d'un peu- 
n pie et la conservation d'un gouvernement civil dépendent 
9} essentiellement de la piété , de ia religion er des bonnes 
»i moeiiri , qui ne peuvent se repanJrc parmi tout un peuple que 
ii par l'institution d'un culte public de !a divinité , et var drl 
>î instructious publiques sur la piété ,1a religon et la morale : le 
•» peuple de cette république a donc le droit , pour se procurer le 
n bonheur, et pour assurer la conse:v^.îion de sou gouvexrw:nw ni 
*i de donner à sa législature le pouvoir d'autori>er et de le-qnértt 
>i les différentes villes , paroisses , districts , à taire ir : 
n convenables pour l'institution d un culte publie de la 
n nité. ... Le peuple de cette république a aussi le dro 
ii revêtir la législature de l'autorité nécessaire , potir etv 
i» tous les citoyens d'assister aux instructions des instituteurs 
ii publics, il 

Les peuples du Maryland déclarent qn'il est du devoir de ton 
homme d'adorer Dieu. ... Ils ordonnent aux législatures de 
veiller au maintien de la religion chrétienne. Les peuples de la 
Virginie font à-peu-près de semblables déclarations llX 

Ainsi , le genre humain tout entier , tout ce qu'il y eut -ja- 
mais d'hommes sages et vertueux sur la terre, ont proclame, dam 
tous les temps , la nécessité d'une religion. L'impiété au contraire 
n'eut jamais pour partisans que des cœurs conompus , des 
monstres bannis du commerce des p.ens de bien , et dénoncés par 
leur siècle à l'exéerition de la postérité , comme des peste* 
publiques. 

Nous avons avancé enfin que la religion de l'évang'ïe ren- 
ferme en elle-même tous les caractères qui peuvent la ren ire 
chère à tous les gouvernemens libres ( 2). La République demande 
des citoyens qui connoissent les lois qu'ils révèrent ; le ebrisna- 
ni*me vent des disciples qui examinent avant de croire : la Ré- 
publique exige de ses membres qu'ils vivent plus de la vie des 
citoyens que de celle d'hommes ; l'évangile confond , dans une 



h) L'assemblée constituante et la Convention actuelle , en décrétant 
lèf droits de l'homme en présence de l'être suprême, ajoutent un nouvel 
anneau à cette chaîne antique et sacrée. 

(2) Montesquieu parlait en homme d'état, quand il disoit qu'il re potrVoit 
J avoir MCM motif d'attaquer la Teligion de l'évangile ; qu'elle ne peut 
f«tire de ma), et qu'elle peut faire au contraire une infinité de bien. 



seule existence , l'existence de SCS sectateurs , efl Bfte q«ie tous 
participent à la g!oir< • ■■■■■ - utYrascei d\nt seul. Enfin, la 

République demande : s hommes convaincs de leur égi 
naturelle, aussi jaloux de se la conseiver a eux-mêmes, que 
Scrupuleux i !a respecte dans 1rs autres ; l'évangile apprem. 
mortels qu'ili sont tous i\ c s d'un m'aie - tn; , qu*iU bat le n 
Dieu r ».ur père, que le même J<su;> descendit d i ciel pour 
le.s y conduire. 

De vih ; s chrétiens , comme le dis oit Montesquieu, seroieut 
infiniment ccluiirs tur leurs devoirs ; plus ils se croiroient rede- 
vables à la religion , plus ils pensercieut devoir a la Pairie. Dans 
une socicic de vrais chrétiens , dit un autre politique , chacun 
remplirait son devoir; le peuple seroit soumis aux lois les 
chefs teroient justes et modérés ; les magistrats intègres et in- 
corruptibles; les soldats mépriseroient la mort ; il n'y auroit ni 
vanité ni luxe. ( Conttat soc ial ) ( I ). 

Pour fictrir le christianisme , on a avancé qu'il favorise la 
tyrannie (2) et qu'il ticint les venus puernetei. C'est une in- 
signe calomnie, puisque la liberté eu l'aliment de la v«.itu , 
comme la venu est le rempart de la libertc. Quelle ne ser- pas 
l'attention du chrétien à écarter tous Ls dangers qui meaaecnt 
l'une ou l'antre ? Et si, malgré sa vigilance et ses soins , an 
fourbe envahit la puissance , que ne tentera-î-il pas pour la lui 
ravir ? S'il lit sur quelques noms généreux le desespoir et la houe 
de voir (a liberté perdue, avec quel zèle ne réunira-t-il pas le» 
étincelles éparses de ce feu sacré ? Qu'y a-t-il dans l'évangile 



(l) Iî n'est pas de religion qui ait mieux combine le de ti 

peuples entt'eux , et de tous les hommes à l'égard des uns et .'-- • m 
pai la iiaternite ; les inieièis de l'homme , pal ra^poit a la SUffCmatie de 
Dieu , par un culte raisonnable et plein de dignité ; les int< ttt de l'non 
par rapport à la prospérité del'état, parure subordination filiale et rrj 
mœurs pures'; les intérêts de l'homme , eu égard au honneur de la Société 
publique et priv( e , pjr une m m aie sublime : enfin les irtr, 
pai 1 ipport •* ^d propr» conservation , pat une certaine mesure «le ; * 

et d'abstinence v et par un orù;c de cli-rte calcule d'jpifs se» propies 

besoins. 

(îl On confond à dessein l'évangile avei '«-s sectateurs. Si de r h osa me 
je disoient chrétiens ont favorisé le « c , que cela projuvi 

qu'ils ctoieut di mes qui parois'-eBt Croill a 

L'évangile < - ' ne In mors 

fé van | i - 

- 



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qui «'oppose à ces sentimens , ou plutôt qui ne les fortifie :' Je 
dois aimer mes ennemis , il est vrai : mais les ennemis , les op- 
presseurs de mes frères . dois-jc les minier ? dor-je leur im- 
moler un peuple entier et ses descendons ( l) ? Que âcs païens 
cj ni pen<oient ctr- sortis de la terre, eussent des sentimens con- 
foimes à la bassesse de leur origine , et Tendissent des honneurs 
serviles à des rois qu'ils croyoient descendre des dieux , il u y a 
rien là qui étonne; mais que des t h" tiens , que des enfans du 
Très-Haut, appelés tous à une gloire immortelle, se laissent 
traiter en bêtes de somme , et portent sans muiaaurer le jonc 
inf.unc d- la seivitude , c'est ce qui ne sauroit ariivcr. On 
prouvera î)ien sans doute que des chrétiens- , ayant cessé de 
L'être., cVst-i-diic , ayant adopté les vices des nations ro' - 
rompues , ont de même subi leur sert : nous ne nions pas 
non plus que ties chiéticns ne puissent dégnérer ; mais tant 
qu'il, conserveront leurs principes, ils ne porteront d'aune 
joug que celui des lois et de la vertu. (2 ) Un ambitieux v 
penseroit plusieurs fois, avant d'entreprendre sur la liberté d'un 
peuple vraiment chrétien, dont tons les membres mépriseroient 
les richesses , meneroient une vie simple et frugale , s'aimo- 
roient tous comme des frères er de futurs concitoyens du 
ciel. Qu'est-ce qui favorise en effet la tyrannie ? c'est la dé- 
pravation des meeurs , c'est le luxe qui efféminé les âmes . c'est 
l'cLoïsme, c'est la soif de For, c'est vous sur-tout , irréli- 
gieux moralistes , qui sappez tous les appuis de la vertu. 

Il est faux que le christianisme éteigne les vertus guerrières. 
Eu effet , qu'est-ce qui les prépare ? Ne sont-ce pas des meeurs 
simples , actives , laborieuses ? n'est ce pas l'habitude de mener 
une vie dure , et de se nourrir aisément de tout ? Et cela , 



(1) Au Japon, les magistrats regardèrent la fermeté qu'inspire le chris- 
tianisme comme très-dangereuse à la servile subordination qu'ils comman- 
dent. On crut voir que les nouveaux prosélytes prenoient une audace désas- 
treuse : le despotisme proscrivit l'évangile. 

(?) Quand la libeité est perdue pour une nation . le christianisme élève 
l'ame atfr.issee sous le poids des chaîne* , et prépare les peuples à recou- 
vrer leurs droits naturels ; car une nation qui a des mœurs , rompra le 1 >■>? 
sous lequel elle gémit, quand elle pensera à sa dignité. Le christianisme 
appiend à fhnmine que le nom même de la patrie fut-il aboli sur la ttu- 
il le conserveroit dans son ccrur par le souvenir de cette patrie celc-tr qui 
fît teservee dans le ciel aux venus chrétiennes. Voilà ce qui entretien- -.. 
lui cette noble et vertueuse indépendance qui l'enipèf he de fléchir aux' g 
noux d'un maître superbe et dédaigneuV. 



tp*esr-ee anrrc c T i *5 5 " que le tableau d'un peuple chret'en ? 
J OS* lr oirc , St.-r.uil exhorta*! ses disciple* 2 mater leur 
corps et 2 fe réduire en servitude , à se voir d-ns l'abon- 
dance et dans la disette , defendoit les int ; tris de ]a pat:« 
fn-naïc ( eux du ciel, et travaillent à former des héros comme 
des mzTiyr^. A'ontcr. à cela qu'un peup'c de vrais chrétien» 
est désintéresse' , vit sans ambition , est ami de tous les peup'es 
et Baie braver la mort. Qjii voudroit ou pourroit asscivir un 
tel peuj le ? f|) 

Poat ôter aa christianisme la gloire d'être le lien le plr» 
solide <\rs «neietes, on a -lénombré avec affec:aiion les «aux 
dont il ■ ^ te le piàexte , et la pervcisité des homme? la vraie 
nvr. Oa ne veut pas voir q;.e d'à; ies une semblable logi- 
que . il faudroil anéantir les institutions les plus saces , le» 
M Ici pins utiles , la raison même , rjne di**je ? li 
nature entière : car est-il rien dont les hommes n'abusent? 
très-mai rayonner , disoit sensément Montesquieu, que de 
v niLler dans -.in grand ouvrage une io.i^ue énurnerdion des 
maux dont la religion 3 été le prétexte , si Ton ne fait de même 
telle oes Liens qu'elle a produits. Si l'on vouloit , selon le 
ntm? auteur, raconter tous les maux qu'ont produits dans le 
■aomde les lois civiles , le gouvernement républicain , !a liberté 
même , l'idole de toutes Jes grandes âmes , on diioit des cho- 
ses e;ii\>vables. Si l'on eéot lire lhitoirc sans passion , en 
remarquera «tvec J. J. que c'est le christianisme qui a adouci 
les mœurs, rendu les gonveinemens moins sançuinahes ; 1 
avec l'auteur de l'esprit des lois , que le christianisme c.t ennemi 
du despotisme, que c'e-t à lui tue nou> devons, et d:ms lr 
reniement un certain droit politique , et dans la guerre r.a cer- 
rain droit des gens que la pâture humaine ne sauroit a^.scz re- 
connaître ( Esprit de; Lois , tome 3. ) : avec Mably enfin , que 
jusque dans les temps d'ignorance et de sommeil de la raison 
humaine , le christianisme servit rie contte-poid* contte les 
ravages de la barbarie et de l'anarchie-, que c'est lui en partie 
qui a détruit le duel judiciaire , accrédite les trêves tcus les 
jours consacré! à Dieu, inspiré le goût pour la paix et [été le» 



(t) La religion chrétienne concentre toute sa force dans l'instruction , 
dz'' c les con5ci!$ el la persuasion , qui sont les armes de l'autorité pater- 
A«J)e : elle est donc , de sa nature , ennemie du despotisme. 

Que d'ocuvief de cisericarde soat TouTrigc d» revi.ag.iU : ( Emile > 
tfJ. } 



semences d'une police régulière ( Observations sur llàsloir* Ai 
France , terne 3. ) 

législateur»! quelle que soit votre législation , elle doit cira 
tributaire de tous les siècles. Vous ne, pouvez changer la narurr 
de l'homme. Or, sa nature, c'est d'être rtligieux , comme d'être 
raiionnable. Défiez-vous de ceux qui veulent otganiser fa:héis- 
me : ou ils se trompent , ou leur but scroit de communiquer 
à vos lois un caractère de réprobation ; car un tel système 
échouera toujours contre la volonté suprême «ies peuples, et en- 
traînera dans sa ruine l'édifice qui reposeroit sur cette base in- 
semée. 



(1) On a peine à retenir son indignation , quand on voit l'acharnement 
de certaines gens contre le christianisme, jusqu'à vouloir le souiller de tour 
les crimes de la trrre. Ils sont bien perfides , ou bien étrangers aux annales 
de la religion. Celles de? premiers siècles de l'Fgliie n'offrent guères que des 
traits d'héroïsme , de bienfaisance et de vertu ; et jusque dans les temps 
d'ignorance et de barbarie , la religion a produit de grands et de très-grands 
modèle*. La philosophie , avec ses vaines déclamations , a-t-ellc jamais 
produit des François de Sales , des Gh&rlei Bonhomée , des Vinccut de 
Paule , des Fénélen , etc. 



DE L'IMPRIMERIE NATIONALE. 






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